Par un beau matin ...
" Maureeen, je n'y crois pas, je vais le revoir. J'ai l'impression de vivre un rêve, je ne te remercierais jamais assez. Merci. J'ai tellement hâte. "
" Calme-toi ma BLUESHINE, dis-la-dite Maureen au téléphone. Eliseu n'aimerait pas voir débarquer une folle hystérique à l'aéroport. "
" Mais si, ne t'inquiètes pas, il a l'habitude. Mais tu sais, je n'y croirais que quand tout sera là car cela paraît si irréel. Pince-moi ! "
Maureen rigola, l'excitation de son amie l'amusait beaucoup.
" Dans deux jours, je me ferais une joie de te pincer. Maintenant je vais te laisser, j'ai quelqu'un à voir. "
" Ah ! "
" Au revoir ma BLUESHINE ! "
" Attends, imagine qu'il ne vienne pas ... "
" Mais non ! S'il fait ça je vais le chercher dans son pays et il aura affaire à mes origines Wallisiennes. POSITIVE. Gros bisous. &à dans deux jours ... "
" Oui, tu as raison. Et n'oublie pas ! Samedi 17, à 1oH3o, à la gare Montparnasse. Bisouuuus. "
" Mais non, mais non ! Au revoir BLUESHINE. "
Ines raccrocha, heureuse pour la première fois depuis qu'elle était en France. Elle partirait une semaine à Paris, chez sa meilleure amie, qui était, tout comme elle, en vacances en France. Maureen avait aussi invité Eliseu.
Eliseu était un Portugais qu'Ines avait rencontré en Nouvelle-Calédonie, le pays où habitent les deux jeunes filles. Il avait été là-bas pour le travail, et avait du repartir 4 mois et demi après, au Portugal, sur ordre de son chef. Il avait, dans ce pays du pacifique Sud, connu un amour fou avec Ines durant plusieurs mois, et leur séparation avait été douloureuse, surtout pour la jeune fille. Ils avaient néanmoins décidé de rester ensemble, même si leur relation était compliquée. Le fait de le revoir remplissait Ines de joie, elle pourrait enfin le toucher, après tous ces mois de tristesse intense. Son père, chez qui elle était en France, ne savait pas qu'Eliseu serait là, d'ailleurs seule sa famille maternelle était au courant de son existence, et seule sa mère savait son âge réel, mais d'après Ines, maintenant, elle s'en fichait. Quand on demandait au couple l'âge du garçon Ines répondait, ' il n'a pas d'âge, c'est mon copain ', avec sur le visage un air à la " Aller-vous-faire-voir ".
Notre histoire ne regarde que nous, disait Eliseu. Et c'était vrai, jamais Ines ne laisserait quelqu'un gâcher leur histoire d'amour. Elle était impatiente d'être à Paris. Sa famille paternelle la taquinait car elle était telle une pile électrique, sautant dans tous les sens. Sa valise avait été prête avant même que son père n'ait dit oui à la demande d'invitation des parents de Maureen. Personne ne comprenait un tel engouement. Ils croyaient juste que c'était le fait d'aller dans la capitale qui plaisait tant à Ines. Mais ils étaient loin du compte. Pour Ines aller à Paris représentait tout, son avenir. Elle verrait si son histoire valait le coup de continuer. Si Lui pourrait souffrir encore et toujours de la distance. C'était un pas décisif de sa vie et elle espérait de tout coeur pouvoir le franchir. Avec Lui. Car sans Lui, elle le savait, la Vie n'avait plus de sens. Aussi elle avait peur, peur de ce qui se passerait. En attendant elle essayait de ne pas y penser. A la place elle pensait aux retrouvailles, à leur intensité. Elle les imaginait déjà, parfaites, pleines de larmes. Elle s'endormit et en rêva.